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[Bad ?] Trip to England

Par sego :: 18/03/2008 à 16:04 :: Escapades

Prologue

Dom's et moi avons prévu d'aller en Angleterre pendant deux jours, pour aller chercher des objets achetés sur le net (pas facilement envoyables, vous vous en douterez). Avec pour étape Lille, la veille, pour ne pas avoir à se lever trop tôt, le ferry étant à 10h à Dunkerque. Nous sommes donc le lundi 10 mars 2008, 17h. Nous prenons la route pour Lille. Sur la route, nous ne pouvons nous empêcher de penser au film de Dany Boon, Bienvenue chez les ch'tis, et à tous les clichés qu'on retrouve dans ce film et qui nous ont bien fait rire. Le temps est correct, en tout cas pas plus pourri que lorsque l'on a quitté Paris... enfin, pour l'instant. Le soir nous allons manger un potjevlesch à La taverne Flamande (en face de la gare Lille Flandre pour les connaisseurs), avant d'aller faire un petit « Lille by night » à pieds. A pied et... sous une pluie torrentielle, donc retour précipité à la voiture, complètement gaugés et direction dodo dans un endroit paumé entre Lille et Dunkerque.


Jour 1


Notre ferry


Nous rejoignons assez facilement les docks de Dunkerque pour prendre le ferry, il fait presque beau, on est à l'heure, tout va bien. Après les quelques formalités et l'attente, nous embarquons. Le trajet dure 2h, je passe la plus grande partie du temps scotchée aux vitres de la proue du bateau, car la mer est agitée et c'est plutôt marrant de voir les vagues qui explosent littéralement contre le ferry et l'arrosent allègrement. Nous arrivons sains et saufs à Douvres à 11h (12h en France).


Splash ! Dans ta face


Notre premier but, aller chercher ces fameuses pièces, à Hereford. C'est à quelques heures de route de Douvres, à l'ouest (nord-ouest) de Londres. Les autoroutes là bas sont gratuites, et heureusement, c'est à peu prêt le seul truc « cheap » qu'on trouvera dans ce pays. Aller, go, c'est parti sur la M20 (Motorway 20) direction Londres, avec, ne l'oublions pas, la conduite à gauche ! Sur l'autoroute, ça va. M20 donc, puis M25 pour contourner Londres (l' A86 de Paris si vous préferez), puis là ça se complique. Ben oui, dans un pays étranger, avec une langue étrangère, des « codes panneaux différents » et une carte du pays au 1/1 000 000, faut pas faire les malins, et donc ne PAS prendre de « raccourcis » ! Hein Dom's ! Enfin bon au bout d'1 heure à tourner et retourner, se retrouver dans des bleds paumés, retrouver la direction tant souhaitée puis la reperdre aussitôt (ronds points de merde, panneaux de merde), et se taper des petites routes de campagne (ceci dit la campagne anglaise est très sympa), le tout saupoudré de nerfs qui commencent à lâcher, nous retrouvons enfin « the route », et la bonne. Nous ne la quitterons plus.

Arrivés à bon port à 18h, la galère n'est pas terminée, il faut maintenant trouver la maison de Brian (c'est comme ça qu'il s'appelle, j'y peux rien). Cette fois-ci gros coup de bol, la première personne à qui l'on demande nous indique à peu prêt où c'est, et encore avec un peu plus de chance, nous trouvons du premier coup et un peu par hasard. On sonne donc chez Brian, et là, encore du bol, il était là alors qu'il n'avait même pas reçu le mail disant que nous venions tel jour à telle heure. Bon, ni une ni deux, Brian enfile ses chaussettes et ses chaussures, puis nous conduit à l'endroit où nous devons récupérer les pièces (des pièces de voitures au fait – pour une Facel Vega). On blablate un peu, il nous offre le café, nous conseille où dormir, comment aller à Londres, etc. Vraiment très sympa ce Brian.

Nous reprenons ensuite le chemin inverse, direction Swindon, à presque mi-chemin de Londres, pour y dormir « cheap ». Brian nous avait indiqué des hôtels pas cher donc, et actuellement nous les cherchons toujours. Trop contents de trouver un hôtel sur notre route, peu importe le nom, nous nous arrêtons. « Sorry, no rooms » ... « Ah bon, étonnant à seulement 55£ soit environ 70 euros ». Ils sont où les Formule 1 ??? On continue, on galère carrément pour en trouver un deuxième, à peine plus cher, 90 euros. Même refrain, « Have you got rooms ? », la nana, obligée de regarder son carnet pour savoir ce qu'elle va nous répondre « Sorry, no rooms ». « Quoi, elles te plaisent pas nos têtes de Français »... On commence réellement à croire qu'ils ne veulent pas de nous. Il est 22h30 / 23h, on reprend l'autoroute direction Londres, puis première aire, on tente une troisième fois. Troisième déconvenue. Cette fois à bout de fatigue nous ne repartirons pas. Finalement, la Passat sur le parking restera la solution la plus économique. C'est ainsi que je passerai ma première nuit en SDF à des centaines de kilomètres de chez moi, snif ! Après avoir dormi 3 x 1h + 1 x 2h (froid oblige) on se réveille définitivement vers 8h-9h au son des pious-pious et des gens qui claquent leurs portières après avoir, eux, dormi au chaud.


Jour 2

Le ferry est à 18h. Toute la nuit, à chaque fois que je me suis réveillée, j'ai pesté contre moi même de pas avoir réservé ce £%§@ de ferry plus tôt. Faute d'avoir eu le temps de faire un Londres by night la veille, nous avions prévu de nous rabattre sur un Londre by day, mais moi honnêtement je n'étais plus très motivée. Mais c'était de toutes façons prévu et nous avions du temps à tuer. Direction Londres donc. M25, sortie au sud pour nous rapprocher de la capitale. Première ville (Coulsdon) nous cherchons une gare, et nous nous retrouvons dans un espèce de bouchon qu'on sait pas d'où il sort. Beaucoup d'automobilistes font demi tour, nous les imitons, et sur ce coup là on a été inspirés puisque 2 minutes plus tard, en les suivant on tombait sur la gare. La chance décidément avec nous, une seule et unique place de parking s'offre à nous. (elle nous aura quand même couté la modique somme de 6£, soit 7,80€ - Londres, quand tu nous tiens). Le prochain train est dans ¼ d'heure, nous prenons des tickets (non sans mal, quand l'Eurocard ne veut rien entendre, celle là !) et direction Londonnnnnn !

1/2h heure plus tard, nous voilà dans la capitale Anglaise, la classe ! Il fait relativement beau, malgré un vent fort. Nous avons environ 3h devant nous pour nous balader à pieds, le long de la Tamise.

Mes souvenirs de Londres sont assez anciens puisqu'ils datent de la 4ème, mais je me souviens évidemment du magnifique Tower Bridge, et de la Tower of London. Nous avons également vu la cathédrale Saint Paul. Mais pas le Big Ben ! Trop loin, pas assez de temps, trop fatigués...



Tower Bridge


Les bôôôôô bus rouges


Cathédrale Saint Paul


Les joggers d'entre midi et deux


Rive gauche


Retour à la gare de London Bridge pour regagner notre petite ville de banlieue et retrouver notre Passat-hôtel.


Un avant goût de la France avant de rentrer ... (gare de London Bridge)



Passat-hôtel et son F en chaterton bleu


14h45, retour à la voiture, parfait on est plus que dans les temps. Nous avons 120 kilomètres à parcourir pour rejoindre Douvres, soit environ 1h30 de route, ce qui est largement suffisant pour arriver à l'heure pour l'enregistrement. Le bateau est donc à 18h, l'enregistrement doit s'effectuer entre 16h et 17h, c'est la règle ! Nous sommes de nouveau sur la M20, nous roulons vers Douvres, sans encombres. A mi-chemin je vois un panneau qui semble conseiller aux « Touristes de Douvres » de prendre un autre itinéraire. Je le repère sur la carte, ok, on va faire comme ça. On sort, on arrive sur un rond point et là « oups » on loupe la sortie, et en prenons une autre. Ben mince, on se retrouve de nouveau sur la M20. Tant pis, on verra bien. A peine 2 minutes plus tard, la file de gauche (donc imaginez la file de droite en France) est complètement encombrée de camion, puis rapidement c'est celle du milieu. La file de droite semble rouler. On prie. Mais elle ne roule pas longtemps ! En moins de temps qu'il ne le faut pour le dire on se retrouve dans un énorme bouchon où tout le monde est complètement bloqué. Arghh. Que se passe-t-il ? Pourquoi on n'avance pas ? Pourquoi on a raté la sortie.....

Ca avance d'1 mètre toutes les heures à peu prêt (comment ça j'exagère ?), une première file se rabat. Certains sont surexcités, dont un mec en camionnette qui a pas aimé qu'on se rabatte devant lui. D'ailleurs, au passage, c'est à cause de connards comme lui qu'on avançait encore moins. Si les gens étaient un peu moins égoïstes le trafic aurait peut-être été plus fluide. Donc oui on se retrouve devant lui et lui, pas content, il nous colle au cul, genre à 2 mm. Faut dire qu'en plus, ayant vu qu'il pestait, on a laissé passer devant nous un camion et une voiture. Ben quoi, tout le monde est pressé après tout, lui il bossait peut-être mais nous on avait notre boat à prendre (en fait on avait déjà fait une croix dessus). Alors que lui là, l'english surexcité avec sa gueule de l'emploi, il n'avait aucune excuse, à moins qu'il sache pas lire... Enfin bon bref tout ça pour dire qu'il nous collait au cul, et il s'est retrouvé con quand on a dû « piler », il nous est rentré dedans. Heureusement pour lui la Passat c'est un tank, donc elle a rien eu. Pour le faire chier Dom's est quand même sorti sur la route pour le prendre en photo, devant tout le monde, mais morts de rire qu'on était quoi ! Enfin c'était plutôt nerveux à cause de ce con en particulier et de tous ces cons qui font que l'angleterre est un pays de merde. Bon j'y vais un peu fort, pardonnez moi je le pense pas vraiment, mais on avait la rage.


L'excité (si tu passes par là, je ne te salues pas !)


Pour en revenir à cette histoire de bouchon on a compris rapidement qu'en fait c'était pas une voie qui se rabattait mais c'était carrément l'autoroute qui était fermée, et donc tout le monde devait sortir. A la sortie y'avait un rond point évidemment bouché, enfin bref. Mais comment c'est possible un truc pareil, on voit pas ça ici, en France !

Enfin sortis de ce merdier, on reprend l'autoroute dans l'autre sens pour cette fois prendre l'itinéraire « bis » sans se tromper. Là en remontant la route on a pu contempler l'ampleur des dégats, tous ces camions et toutes ces voitures dont nous faisions partie un instant plus tôt... Sauf que là le bouchon remontait encore plus loin.



Enfin on se retrouve sur la bonne route, dans l'affaire on a bien perdu 1h30 et il nous reste entre 60 et 70 kilomètres à parcourir. Il est alors 16h45 donc le seul espoir pour notre bateau, maintenant, c'est bien sûr de plus avoir de bouchons, et qu'ils nous acceptent genre ¼ d'heure avant son départ. Ce qui est quand même relativement utopique. Nous avons tout de même un peu d'espoir, et puis si nous le manquons, comme c'est pas encore la haute saison et que les bateaux sont loin d'être au complet, on se dit qu'ils nous accepteraient sur le suivant, deux passagers de plus ou de moins ... Bien qu'il y ai marqué dans les conditions de vente « non remboursable » (ce qui voudrait dire en théorie qu'on devrait repayer).

Sur cette route (qui est en fait une autoroute), qui passe à proximité de Canterbury, c'est encore un peu le bin's, des ralentissements, c'est très encombré, ça fait l'accordéon. La fin du trajet, c'est une nationale, avec ses ronds points et ses bouchons, olala, c'est chaud, il est 17h40 et on n'est pas encore arrivés. On se voit déjà débourser une centaine d'euros pour acheter un nouveau ticket (les bateaux, c'est comme la SNCF, plus tu réserves tard, plus tu raques). A l'approche des docks, la route est un peu en hauteur, on repère notre ferry, il est 17h50. Plus aucun espoir d'autant plus que je vois « la porte » fermée.

Fatalistes on se dirige vers les caisses où ils vendent des billets sans réservation. Là la femme me dit sans plus de détails que notre bateau a du retard, qu'ils faut qu'on se présente à l'enregistrement. Ni une ni deux, complètement sous pression, on cours vers la voiture, grosse marche arrière, gros sens interdit sous les yeux des flics (mais non ils nous ont pas vu), direction l'enregistrement.

Le port de Douvres, quand t'es pressé comme ça c'est un truc à devenir dingue. Ils te font faire des zigs zags dans tous les sens et bien-sûr, faut bien regarder les panneaux pour pas se tromper, sinon c'est foutu. On voit enfin le Saint-Graal (zone d'enregistrement), mais un mec nous court-circuite pour qu'on passe aux douanes. Arghh dépêchez vouuuus ! « Where do you come from ? » - « Hereford » - « Sorry, where ? » - « H-e-r-e-f-o-r-d » - « Okay ! Hereford ! » - « Have you spent a good time ? » - « Yes, great, thanx ! » (and England is great, people are great, but long live france !)... ok bye, salut, à tchao bonsoir...

On arrive à l'enregistrement, en se disant qu'ils vont nous rire au nez, qu'on est les derniers, etc. Le gars semble pas étonné du tout, prend nos papiers, nous imprime notre carte d'embarquement, et nous bafouille un truc en franglais (le gars, sympa, il essaie de parler français, bon on a rien compris mais c'est l'intention qui compte). Un Français vient à sa rescousse, et nous explique que le bateau partira avec ¾ d'heure de retard, donc à 18h45. Ben c'est cool ! Il nous explique aussi que le bordel sur l'autoroute, c'est comme ça depuis 10 jours, m'enfin.

On rejoint notre file n°104 et là on voit des camions qui descendent de notre bateau. En fait quand on l'avait vu en arrivant à Douvres, il venait lui même d'arriver, c'est pourquoi il était fermé ! Des gens arrivent encore derrière nous, eux aussi se sont très certainement fait avoir sur l'autoroute. Enfin, on monte, on s'installe sur l'une des nombreuses banquettes (comme à l'aller le bateau est presque vide), et à 18h40, les moteurs se mettent en marche... C'est parti pour 2h de traversée. Quelle journée, on revient de loin !



Epilogue

Nous arrivons à bon port à 20h40, heure anglaise. Il est donc presque 22h, heure française lorsque nous arrivons dans le centre ville de Dunkerque à la recherche de ravitaillement, avant, enfin, le retour sur Paris. On nous indique gentillement une brasserie sur le port où vraisemblablement nous pourrons encore manger à cette heure-ci. Ce fut le cas, j'ai pu me commander une bonne vieille assiette de frites avec une excellente entrecôte (pour que je dise ça c'est que c'était vraiment bon). D'ailleurs, je vous recommande vivement cette brasserie si vous allez par là, la bouffe, la déco, l'ambiance sont vraiment géniales : c'est les 3 brasseurs.

Enfin, c'est l'heure de rentrer, la route va être longue avec la fatigue. Petite anecdote : nous sommes passés à proximité de Bergues, vous savez, Bergues, ça vous dit quelque chose ?


En quelques mots :

  • la conduite à gauche ça se fait bien

  • ne pas partir à l'aventure sans savoir où dormir, les Formule 1, Etap hôtel et autres où tu peux t'amener à minuit avec ta carte bancaire pour seule « clef », ils connaissent pas

  • être attentif dans les ronds points, bien regarder à droite, les gars arrivent vraiment à fond

  • ne pas s'étonner de voir une direction marquée à l'avance, et une fois dans le rond point, plus rien

  • les anglais font les malins en Angleterre, maintenant, je ferais ma maligne en France, fini les renseignements donnés au touristes en anglais, et plus de pitié pour ceux qui prennent les ronds points à l'envers ! (je vous rassure ça nous est pas arrivé)

  • voir hésiter une nana pour nous dire enfin qu'il n'y a pas de chambre, dormir dehors, galérer sur la route, on en rigole maintenant, mais je suis pas prête d'y retourner !

  • heureusement on a pu croiser quelques personnes sympas, dont Brian (is in the kitchen ! ça y est, je l'ai faite !)

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Commentaires

Le 20/03/2008 à 23:19, par Barizana
C'est flickr mania ici, chapeau bas toutes ces photos sont magnifiques...
Et dire que je voulais tenter Londres, beurrrrrrrk, ou Berque plutôt! Joli périple du reste!

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